Démarrer le module sur l'IA : 20'
5. Les limites et risques de l'IA
IA et désinformation
📢 Avec l’IA, les fausses informations sont moins coûteuses à produire et plus réalistes, brouillant les frontières entre contenu authentique et contenu manipulé :
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Deepfakes : fausses images ou fausses
vidéos, fausses conversations
· Génération d’articles faux ou inexacts
· Génération de commentaires faux ou inexacts sur les réseaux sociaux
- Le guide pratique de l'IA proposé par l'Université de Genève [consulté le 14/03/2025]
- Le rapport VIGINUM établi en février 2025 dans le cadre du Sommet pour l'action sur l'IA [consulté le 14/03/2025]
- Les recommandations de bonnes pratiques de l'INSERM
Les biais
L’IA n’est ni neutre ni objective. Toutes les IA possèdent des biais, puisque leurs algorithmes sont entraînés avec de larges quantités de données possédant elles-mêmes des biais humains. Cela peut avoir des conséquences non négligeables selon les types d’IA. À titre d'exemple, jetez un œil sur l’article "USA - Des alglorithmes creusent des inégalités face aux soins". L'article date de 2019, et l’on peut supposer que les développeurs travaillent à corriger ces biais pour améliorer les IA, mais la problématique reste d’actualité. Les biais peuvent être de nature : géographique, linguistique, de genre, idéologique… Ils sont tributaires des données d’entraînement, du choix de filtrage et de traitement.
À l’avenir, ces biais pourraient être renforcés :
« La multiplication des contenus générés en ligne sont susceptibles de polluer les données d’entraînement qui sont récupérées via de larges opérations de collecte du web. Selon certains chercheurs, la prolifération de ces contenus pourrait provoquer une forte dégradation de la performance des modèles d’IA, en étant intégrés de façon croissante à leurs données d’entraînement. » (In : Rapport VIGINUM, février 2025)
Les IA généralistes collectent majoritairement des données grand public. Les IA académiques se focalisent sur des corpus scientifiques. Cependant, même si le corpus est plus qualitatif, ces mêmes IA produisent des synthèses qui ne permettent pas de démontrer en quoi elles sont représentatives de la recherche sur un sujet donné. Elles extraient des données issues d'une quantité très partielle d'abstracts et très peu du texte intégral. Par ailleurs, les abstracts sont-ils significatifs du contenu des articles ?
Les hallucinations
👉Le saviez-vous ? Les IA n’ont pas pour fonction de donner une réponse vraie. Elles sont dites probabilistes, c’est-à-dire qu’elles élaborent des réponses en prédisant le mot suivant le plus probable en fonction de la distribution statistique des données d'entraînement.
🎲Faites le test : Les IA, qu’on pense souvent plus efficaces pour les sciences dures que pour les sciences humaines, peuvent faire des erreurs sur des problèmes mathématiques extrêmement simples. Interrogez-la, par exemple sur la question suivante : « Alice a [X] frères et aussi [Y] sœurs. Combien de sœurs le frère d'Alice possède-t-il ? ». L’IA affirme souvent avec aplomb une réponse fausse.
La série des Décodeurs du quotidien Le Monde
a recensé nombre d'hallucinations générées par l'IA. (Accès intégral via le portail de la BU).
Opacité des sources et modèles économiques instables
L'impact environnemental et social de l'IA
L’IA a un impact environnemental très élevé qui justifie une utilisation proportionnée et à bon escient. De fait, l’utilisation d’IA gratuite et accessible présente - comme beaucoup de technologies - des « coûts cachés », humains et environnementaux.
👉Le saviez-vous ? Une requête ChatGPT consomme 10 fois plus d’électricité qu’une requête produite avec Google.
En effet, comme le rappelle le Ministère de la
transition Ecologique, « l’IA générative est particulièrement énergivore.
Les modèles les moins vertueux consomment jusqu’à 11 Wh pour produire une image
de bonne qualité, soit une moitié de charge de téléphone. En moyenne, la
génération d’une image consomme 2.9Wh. L’Agence
internationale de l’Énergie (AIE)
anticipe une multiplication par 10 de la
consommation d’électricité du secteur de l’IA entre 2023 et 2026.
Cette augmentation contribuerait à une multiplication par deux de la
consommation totale des data centers,
déjà responsables de 4% de la consommation globale d’énergie. » [consulté le 6mars 2025].
Les IA sont également très gourmandes en eau douce, utilisée
pour refroidir les data centers qui
chauffent durant leur utilisation. Selon Shaolei
Ren, « si 10% des travailleurs américains l’utilisaient une fois par
semaine pendant un an pour rédiger un courriel, cela entraînerait une
consommation de 435 millions de litres d’eau
et 121.517 mégawattheures d’électricité. Cette quantité
d’énergie serait suffisante pour alimenter tous les foyers de Washington DC
pendant 20 jours. [...] ». Toujours selon Shaolei Ren, en 2023,
l’entraînement de GPT-3 dans les centres de données de Microsoft aux États-Unis
a pu consommer jusqu’à 700 000 litres d’eau douce,
un chiffre qui a été peu divulgué. La demande mondiale pour l’IA pourrait
entraîner un prélèvement de 4,2 à 6,6 milliards de mètres
cubes d’eau d’ici à 2027, soit l’équivalent de la consommation
annuelle de 4 à 6 fois celle du Danemark ou de la moitié du Royaume-Uni [consulté le 6 mars 2025].
Au niveau social, le développement des IA ne peut se passer du
travail humain, souvent délocalisé et sous-payé. Voir à ce sujet, l'article "Les forçats de l'IA", publié dans la Presse canadienne en mars 2025 [Consulté le 14/03/2025].
👉Pour aller plus loin :
- "Les sacrifiés de l'IA", un documentaire de France TV (2025) [consulté le 14/03/2025]
- "Impacts de l'IA" : préconisations du Conseil économique social et environnemental (Cese, sept. 2024). [consulté le 14/03/2025]
- "Impacts de l’intelligence artificielle sur le travail et l'emploi", dossier du Labo société numérique" (février 2025). [consulté le 14/03/2025]
- "Travail du clic, sans qualité" (CNRS éd., 2023). [consulté le 14/03/2025]
Table des matières du module
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